L'Artiste : Bruno CARBONNET

 

ENTRETIEN AVEC BRUNO CARBONNET
propos recueillis par Thierry Heynen

Dans l’exposition qui sera dans la Galerie Duchamp, il n’y aura que des cieux ?
Les ciels sont devenus des sortes d’amalgames de particules. Il y a des parties qui peuvent être des ciels, des choses qui peuvent être liées au maritime - des photos de maritime retournées qui deviennent alors des ciels -, des sortes de cosmos, des indices de la capillarité de la peinture, au fond tout ce qui est lié à des états en modification, en perpétuel changement, à des états chargés d’une temporalité plus large que la temporalité humaine. Les formes des nuages que j’ai vues, d’autres les ont vues, d’autres les verront. Bien sûr il y aura des modifications, mais au fond, la climatologie a un rapport au temps qui est énorme. Le ciel peut être chargé de particules très anciennes ou de sables d’autres continents. C’est vraiment un espace d’échanges et de déplacements. Dans la Galerie, on verra bien sûr des ciels. Je les appelle des ciels et non pas des cieux - ce qui est possible dans une grammaire poétique française - pour ne pas employer le mot "cieux" avec une connotation trop forte. Ce sont des ciels traversés de cosmos et de particules. Ce sont des possibilités de ciel, mais avant tout des tableaux, des écrans. Le regardeur aura un travail de finitude à faire. J’ai déjà exposé des tableaux plus "achevés" que ceux que je veux présenter. Ici, il y a des zones incertaines, qui deviennent très présentes et qui sont un choix revendiqué par rapport à la place que le regardeur doit occuper, il doit finir ou déterminer les éléments. Par exemple, il y a des tableaux qui ont été suscités à la fois par les images de la destruction du "World Trade Center" et des images de guerre en Irak. Ce n’est pas directement perceptible dans ce qui est donné, mais on voit des ciels dont certains sont assez dramatiques, assez noirs. Ce qui m’avait sidéré dans la destruction du "World Trade Center" - mais comme dans toute guerre -, c’est la réduction du ciment, du fer, des ordinateurs et des hommes à la même échelle. Tout était vraiment redevenu de la particule grise, une sorte de matière.

   
 
   
   
   
   
 

 

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