Cabinet de lecture : Annik Bianchini nous donne son avis

Journaliste, Annik Bianchini Depeint a enseigné au Centre culturel français de Rome. Elle collabore régulièrement à “Actualité en France”, la revue d’information du ministère des Affaires étrangères et européennes. Ses publications sont orientées, par priorité, sur les auteurs et les événements alliant connaissance et recherche, notamment dans le domaine des sciences humaines et de la psychanalyse.

Cabinet de lecture 2002

 

L’Homme sans gravité (Jouir à tout prix)
Charles Melman, Entretiens avec Jean-Pierre Lebrun, Denoël, 2002, 265 p., 20€
À partir de son expérience de psychiatre et de psychanalyste, Charles Melman, fondateur de l’Association lacanienne internationale, élabore, sous la forme d’entretiens avec Jean-Pierre Lebrun, ancien président de l’Association freudienne internationale, une nouvelle grille de lecture des pathologies contemporaines. “On ne se trouve pas en face d’une simple évolution mais plutôt d’une révolution des comportements”, analyse l’auteur en observant la société contemporaine. Le rejet du réel au profit du virtuel, la croyance aux solutions autoritaires, la transparence à tout prix, les attitudes inédites face à la procréation comme face à la mort, les nouvelles formes du libertinage : autant de phénomènes apparemment dispersés qui provoquent une véritable crise des repères et changent les données profondes du psychisme. Passage d’une économie du désir à une économie de la jouissance, d’une logique de la névrose à une logique de la perversion : telles sont les grandes lignes qui permettent, dans cet ouvrage, d’appréhender une étrange et nouvelle réalité. L’homme du début du XXI siècle, l’“Homme sans gravité”, moins citoyen que consommateur, affranchi du refoulement, produit d’une société libérale triomphante, est animé non plus par le désir mais par la jouissance. Il semble n’avoir guère le choix : il est en quelque sorte contraint à jouir.

 

L’Amer amour
Jean-Richard Freymann, Érès, Arcanes, “Coll. Hypothèses”, 165 p., 2002, 21€
Dans cet ouvrage, issu d’un séminaire d’une année, Jean-Richard Freymann, psychanalyste, psychiatre de formation, nous invite à une méditation sur deux thèmes qui figurent parmi les plus ambivalents de l’expérience humaine : l’amour, doublé de son inverse-la haine- et la mère dans sa relation duelle avec la femme. “Comment se fait-il que j’ai cette mère-là ? cette mère singulière ?” Ou encore “Une mère libérée, qu’est-ce ça peut être ? Médée ?” Les traces d’amour maternel idéalisé se lisent bien dans les rêveries des fils : littérature, poésie, chansons en témoignent. Mais aborder la question de l’amour et de la féminité est aussi l’occasion, pour Jean-Richard Freymann, de procéder à une nouvelle mise à l’épreuve des concepts analytiques : la sexualité, le narcissisme, l’inceste, le destin, le transfert, Éros et Thanatos, Père et Mère, désir et demande, jouissance et loi… La leçon de ce voyage insiste sur la dimension aventurière de l’existence, qui relève de la rencontre. “Cet amour amer est aussi livré au jeu de la mourre, à l’effet de rencontre, de hasard … Les jeux de l’amour et du hasard convoquent les jeux de la roulette… Mais quoi qu’il arrive, si l’on prend son temps, la roulette passe plusieurs fois”, remarque l’auteur.

 

Les images, les mots, le corps
Françoise Dolto, Jean-Pierre Winter (Entretiens), Gallimard, “Coll. Françoise Dolto dirigée par Catherine Dolto”, 195 p., 2002, 14,50€
En 1986, à l’initiative de Catherine Dolto et de Caroline Eliacheff, Françoise Dolto accorde à Jean-Pierre Winter un long entretien filmé. C’est une version transcrite à partir du film qui est proposée ici. Le malentendu créé autour de l’enseignement de Françoise Dolto par sa médiatisation a rendu, en effet, nécessaire de revenir aux origines de sa vocation, à tous ceux dont elle a beaucoup appris, à ses maîtres, aux enfants. Ainsi peut-on refaire, dans cet ouvrage, le parcours d’une enfant devenue psychanalyste de renom, puis d’une femme médecin, mais préoccupée de transmettre la psychanlyse hors du cercle restreint du discours et de l’université. Afin de la rendre vivante. À propos de la séparation entre l’analyste et l’analysant en fin de cure, elle assure, par exemple, n’avoir jamais eu de regrets quand un analysant partait, et se demande s’il n’arrive pas qu’un psychanalyste n’ait pas “compris que la joie du travail, c’est de voir quelqu’un n’avoir plus besoin de vous ? ” Cet entretien peut être lu comme une invitation à une relecture attentive d’une œuvre théorique et clinique qui reste encore à découvrir, tant pour le grand public que pour ses collègues psychanalystes.

 

D’un usage de la pensée mathématique (clinique psychanalytique d’une potentialité psychotique)
Annie Franck, préface de Maurice Dayan, Érès, “Coll. Transition”, 168 p., 2002, 20€
En présentant des cas cliniques sur lesquels s’est principalement étayée sa réflexion, Annie Franck, psychanalyste, docteur en psychopathologie fondamentale et psychanalyse, chargée d’enseignement à Paris VII, nous fait partager son intérêt conjoint pour deux questions parmi les plus ardues : comment, d’une part, se manifeste, à l’âge adulte, une potentialité psychotique qui est parvenue à éviter l’éclosion délirante ? Quelle fonction, d’autre part, peut remplir, dans un tel destin, l’investissement d’une pensée rigoureuse de type mathématique ? De sa rencontre avec Paul et Gabriel, l’auteur propose, dans ce livre, une réflexion psychanalytique sur le devenir de vies et de pensées secrètement affrontées à l’impensable de leurs origines, qui exercent un recours contre le danger extrême de la folie en s’attachant passionnément à la clarté de la raison. Elle le fait à la faveur d’un travail psychothérapique qui réfléchit son propre déroulement et non d’une théorie préalable dont elle aurait cherché la validation.

 

Un psychanalyste sur le divan
J.-D. Nasio, Payot, 190 p., 2002, 12,95€
Pourquoi demander aux patients de s’allonger ? Un amour peut-il durer ? Comment définir l’amitié ? La haine est-elle une énergie bénéfique ? Que nous disent les femmes et les hommes homosexuels ? L’avenir appartient-il à ceux qui se surmènent ? Autant de questions, et beaucoup d’autres encore, auxquelles J.-D. Nasio, psychiatyre, psychanalyste, auteurs de nombreux ouvrages, donne des réponses. Mais surtout, l’auteur s’allonge sur le divan et se confie librement sur son travail, ses convictions, ses doutes et sa vie de psychanalyste, dans un style parlé et vivant.

 

La famille en désordre
Élisabeth Roudinesco, Fayard, 2002, 246 p., 18€
Les temps changent, la famille aussi. Vieux pilier de la tradition comme de la modernité, elle semble se décomposer sous nos yeux. Famille “monoparentale”, “recomposée”, “incertaine”, les mots ne manquent pas qui évoquent le modèle perdu. L’intérêt du livre d’Élisabeth Roudinesco est d’aller au-delà du désordre apparent pour suivre la transformation des modèles et apprécier plus sereinement le présent. Face aux nouveaux comportements sexuels, l’ordre familial a même gagné, d’après l’auteur, des richesses nouvelles : une sensibilité plus grande au psychologique et au respect. Un bilan donc plutôt optimiste de ces métamorphoses. Reste le continent noir de la “procréation médicale assistée”, celui du risque d’eugénisme, du narcissisme incontrôlé, celui précisément où manque le respect.

 

Freud à l’épreuve de la littérature
Mario Lavagetto, traduit de l’italien par Adrien Pasquali, Seuil, “Coll. Champ Freudien”, dirigée par Jacques-Alain et Judith Miller, 2002, 475 p., 28€
“Ce livre porte sur Freud et non sur la psychanalyse; cela signifie qu’il y manque deux choses : l’expérience analytique elle-même et la prise en considération des écoles post-freudiennes”, rapporte l’auteur. Mario Lavagetto, professeur de théorie de la littérature à l’université de Bologne, entreprend une enquête à travers l’œuvre de Freud, à une époque où le père de la psychanalyse semble répondre à l’appel de la littérature. Il met Freud à l’épreuve de la littérature au lieu de s’en servir comme d’un instrument d’interprétation des textes littéraires ou de construction d’instruments d’interprétation. Cette archéologie systématique de l’articulation de l’œuvre de Freud et de la littérature conduit l’auteur à s’interroger sur le statut scientifique de la psychanalyse. Il conclut sur une “théorie de la censure”, issue de l’élaboration freudienne du rêve.

 

Les secrets du Caravage
Leo Bersani et Ulysse Dutoit, traduction Isabelle Châtelet, Epel, 2002, 125 p., 31€
Dans cet ouvrage, Léo Bersani et Ulysse Dutoit poursuivent la question de savoir s’il peut exister un mouvement non-sadique dans les rapports humains. L’œuvre du Caravage explore, en effet, différents rapports spaciaux dans lesquels les auteurs déchiffrent des modes relationnels affectifs, éthiques, politiques. Leur interprétation part des premiers portraits des jeunes hommes aguicheurs, aux regards provocateurs, jusqu’au dernier autoportrait sous les traits de Goliath décapité, la tête braquée tenue par un David vainqueur. Plutôt que de réduire les premiers portraits à un message homo-érotique, les auteurs insistent sur leur caractère impénétrable. Ils mettent en évidence une tension entre une sollicitation érotique et des mouvements de dissimulation et de retrait, ce qui les amène à étudier l’invite énigmatique suscitant l’intimité. Dans le Saint-Jean Baptiste au bélier, les auteurs déchiffrent une sensualité non érotique, qui coïncide avec les tentatives les plus audacieuses d’aujourd’hui pour repenser le réseau des liens sociaux, voire même réinventer la communauté.

 

La psychanalyse à l’épreuve de l’Islam
Fethi Benslama, Aubier, “Coll. La psychanalyse prise au mot”, dirigée par René Major, 334 p., 2002, 21€
Dans une œuvre où la religion est omniprésente, Freud n’a cependant envisagé que les seules perspectives du judaïsme et du christianisme, en laissant de côté le troisième monothéisme. “Traduire l’origine islamique dans la langue de la déconstruction freudienne”, “étudier les fictions originaires de l’Islam et les ressorts de son institution symbolique”, tel est le projet de ce livre. Partant de la crise contemporaine de l’Islam et de son symptôme le plus direct, le mouvement islamiste, Fethi Benslama met au jour les refoulements constitutifs de la religion islamique, permettant ainsi à la psychanalyse de réaliser une véritable avancée tant méthodologique que théorique. Pour interpréter la “césure” entre le sujet de la tradition et le déchaînement de forces de destruction de la civilisation, l’auteur relit les textes fondateurs. Sa recherche incite à repenser la question de l’origine, la question du féminin, identifiée comme la nervure centrale du refoulement propre à l’Islam, et celle du père. En montrant comment le discours islamique est révélateur d’un dérèglement profond de la relation entre le réel et les structures symboliques que trahissent les extrémismes, l’auteur ouvre des pistes inexplorées et interroge “l’affirmation coranique selon laquelle Dieu n’est pas le père”.

 

La fin du divan ?
Raymond Cahn, Odile Jacob, 258 p., 2002, 24, 50€
Après cent ans d’existence, où en est aujourd’hui la psychanalyse, dans un monde si différent de celui de sa naissance ? Pourquoi les psychanalystes refusent-ils, le plus souvent, à revoir leur pratique et pourquoi restent-ils attachés au divan alors qu’ils constatent l’impasse de certaines cures ? Dans cet ouvrage combatif et fourmillant d’idées, Raymond Cahn, ancien président de la Société psychanalytique de Paris, revient sur son propre parcours de psychanalyste et montre de quelle façon la rigidité d’une pratique a pu être nuisible au succès de l’entreprise psychanalytique. Plus que la concurrence de techniques parallèles, comme le comportementalisme, les thérapies cognitives ou que les querelles internes, n’est-ce pas pour n’avoir pas su évoluer à temps que la psychanalyse peine à trouver la place qui lui revient parmi les différentes formes de psychothérapies ? Pourtant remarque l’auteur, “un véritable travail de psychanalyse est possible et efficace, quels que soient le rythme et le cadre des séances, la durée de la cure ou la nature des troubles rencontrés”.

 

Le pur Amour de Platon à Lacan
Jacques Lebrun, Seuil, “Coll. La Librairie du XXIe siècle” dirigée par Maurice Olender”, 2002, 440 p., 23€
Historien du christianisme, membre de l’École de psychanalyse Sigmund Freud, Jacques Lebrun retrace ici vingt-cinq siècles de tentatives, de Platon à Lacan, pour penser l’amour pur, cet impensable amour, “détaché de toute perspective de récompense et de tout intérêt pour soi, le critère de la validité et même de la légitimité de l’amour étant la perfection d’un détachement poussé jusqu’à la perte du sujet”. Les figures qui jalonnent cet ouvrage trouvent leurs sources dans la culture occidentale : chez Platon, chez saint Paul, saint Augustin, Boccace ou Pétrarque. L’auteur choisit un point d’observation : les débats théologiques, à la fin du XVIIe siècle, entre Mme Guyon, Fénelon et Bossuet, qui aboutirent à la condamnation du pur amour par l’Église. Celui-ci ne cessa cependant d’inspirer la pensée romanesque, la philosophie et la psychanalyse, qui joue ici un rôle capital, celui de révélateur. Freud et Lacan sont relus à la lumière des grands textes mystiques. Kant, Schopenhauer également, sont revisités, en compagnie de Heidegger, Claudel et Sacher-Masoch.

 

Le roman familial d’Isadora D.
Geneviève Delaisi de Parseval, Odile Jacob, 2002, 215 p., 22€
“Les gens heureux n’ont pas d’histoire”, dit le proverbe. Les existences où on se marie et où on a beaucoup d’enfants n’intéresseraient personne. Seuls les drames, les pathologies lourdes nous passionneraient et nous renseigneraient sur ce que nous sommes peut-être au fond de nous. Dans l’histoire de vie présentée dans cet ouvrage, pas de cas clinique raconté à la première personne, pas d’inceste, pas de suicide; pas de père inconnu; pas de traumatisme indicible. En apparence du moins. C’est plutôt le reflet du parcours intellectuel et personnel d’une femme qui cherche à comprendre les secrets de son passé, ses fantômes transgénérationnels. Car à l’inverse de ce qu’a soutenu Freud”, c’est ici le normal qui éclaire le pathologique. Autobiographie ? Autofiction ? Autoanalyse ? Mélangeant les genres et les styles, Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, spécialiste des questions de filiation et de l’insémination artificielle, se livre ici à une enquête familiale truffée d’indices, où est traitée la question de l’identité, et qui se lit presque comme un roman policier.

 

Parents en deuil (le temps reprend son cours)
Daniel Oppenheim, Érès, “Coll. Psychanalyse et clinique”, 172 p., 2002, 19€
Actuellement, trois enfants sur quatre atteints de cancer guérissent. Mais pour ceux que la maladie finit par emporter, la mort d’un enfant est une épreuve terrible pour ses proches. Beaucoup éprouvent un profond sentiment de souffrance et de solitude. C’est pour qu’ils retrouvent une dynamique existentielle et une relation plus libre et moins douloureuse à l’enfant mort que Daniel Oppenheim, psychiatre et psychanalyste dans le département de pédiatrie de l’Institut Gustave-Roussy à Villejuif, a proposé à ces parents de participer à des groupes de parole. Cet ouvrage rapporte le chemin parcouru par un de ces groupes. Il analyse, de l’intérieur, le processus de deuil et permet de comprendre la façon dont les parents, avec l’aide d’un psychanalyste, en parlent et évoluent. Ce texte s’adresse d’abord aux parents en deuil, mais aussi aux soignants, psychiatres et psychanalystes, ainsi qu’à tous ceux qui sont confrontés à ce parcours douloureux.

 

789 néologismes de Jacques Lacan
Marcel Bénabou, Laurent Cornaz, Dominique de Liège, Yan Pélissier, Epel, 180 p., 2002, 26€
L’effervescence néologisante de Lacan est certainement l’un des plus saisissants de ses traits de style. Pourtant, faute d’inventaire, elle n’avait jusqu’à présent été que peu interrogée. Avec le livre “789 néologismes de Jacques Lacan”, les voilà recensés et troussés. L’ouvrage invite à apprécier chaque néologisme dans son contexte. Il donne leurs actes de naissance , voire de décès. Il met en évidence ceux dont Lacan a fait le plus usage et ceux qui sont passés dans la langue. Il les groupe ensuite en listes qui sont autant d’éclairages sur cette néologie et montrent comment elle a varié dans le temps, en quantité comme en nature. Une question s’impose, toutefois, au terme de ce travail. “Peut-on dégager, de l’extrême diversité des faits que ces listes révèlent, quelque chose comme un dessein général ? En cette affaire, le lecteur saura y trouver sa réponse.

 

Adolescence meurtrie (vers une pédagogie novatrice)
Bertil Laitselart, Éditions Privat, 250 p., 2002, 21€
Directrice de l’école expérimentale de Pons (Charentes-Maritimes), docteur en sciences de l’éducation, psychanalyste, l’auteur, Bertil Laitselart, relate l’expérience menée depuis vingt ans dans son institution. Cet établissement permet d’offrir un espace de paroles à un groupe de quinze à vingt adolescents (de 14 à 21 ans) en difficulté et en mal de repères, et de redonner un sens à leur vie. Il met à leur disposition des moyens thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques qui, jusque-là, leur ont manqué. Cet ouvrage présente un intérêt scientifique : il conforte et enrichit le concept de “lieux transitionnels”, des relais pour les adolescents ne trouvant, ni dans leur milieu familial ni dans l’institution scolaire classique, l’environnement nécessaire à la maturation de leur être propre. “Renverse les murs et arrache les barreaux”, tel pourrait être le mot d’ordre de cette aventure dont l’objectif est de déchiffrer les énigmes du développement psychique et celles de la souffrance humaine.

 

Entrelacs (Mon ami le séducteur, Les petits dépressifs)
Janine Loo, texte et illustrations, avec deux lettres de Jacques Lacan, Epel, 110 p., 39€
Mon ami le séducteur et Les petits dépressifs, deux BD réunies en un volume,ne sont pas le résultat d’un projet réfléchi. C’est à la suite d’une crise de mélancolie que l’auteur, Janine Loo, peintre et sculpteur, se mit à tracer (dans un état second, pense-t-elle), des dessins sur des bouts de papier. Puis, suivant un itinéraire inconscient, elle les place les uns à la suite des autres. Ainsi naquirent les deux bandes dessinées. Au cours d’un déjeuner avec Jacques Lacan, elle lui demande son avis sur ses BD. Il les lui rend accompagnées d’un petit commentaire amusé : “Ces dessins ne reflètent comme dessin que la face d’échec de la psychanalyse. Je le sais…La personne qui a fait cela a des dons. Des dons dont je m’aperçois à cette occasion. Il s’agit de moi, donc je me trompe”.

 

Le temps des antidépresseurs
David Healy, traduit de l’anglais par Françoise Bouillot, Les Empêcheurs de penser en rond, 420 p., 2002, 24, 9€
Les antidépresseurs, introduits en même temps que les premiers antibiotiques, font partie de notre paysage quotidien. À l’heure actuelle, ils sont même prescrits largement par les médecins généralistes. Mais toute la lumière sur les dangers et les propriétés de ces médicaments n’a pas été faite. C’est ce à quoi tend cet ouvrage, de manière détaillée et précise. “Le ton de ce livre trahit souvent mon scepticisme. J’en ai été le premier surpris, étant par nature plutôt enthousiaste. Mais certains aspects de l’histoire des antidépresseurs m’ont poussé au scepticisme, comme ce sera , je le crois, le cas de nombreux lecteurs. N’étant néanmoins pas certain que ce soit la meilleure position à adopter, ma défense consiste à être sceptique en tout : je le suis sur les motivations des médecins comme sur celle de l’industrie pharmaceutique, sur celles des pharmacothérapeutes.” explique David Healy, psychiatre, responsable du service de psychologie de l’hôpital universitaire du pays de Galles.

 

Le corps des larmes
Olivier Grignon, Calmann-Lévy, 325 p., 2002, 25€
Qu’est-ce que le corps des larmes ? “Le corps des larmes n’est pas la mélancolie, n’est pas la folie, n’est pas la castration, n’est pas le désert, n’est pas la perte de l’amour paternel ou l’ombilication du délire. C’est quelque chose de tout cela. C’est cela et son autre : à la fois folie et non-folie, désert et non-désert…” remarque Olivier Grignon. Le corps des larmes a le plus étroit rapport avec ce que Lacan a appelé “douleur d’exister”, soit l’existence pure, l’existence seule, désabitée de tout désir, quand il n’y a plus de désir possible. Dans quel sorte de corps naissent les larmes ? Elles naissent dans ce no man’s land entre l’humain et l’inhumain, dans la mémoire du désert, dans cet espace innommé où s’originent à la fois la création et la folie. Et c’est là que se tient le psychanalyste. Pour partager ce qui est incommunicable; donner la possibilité d’une histoire à ce qui n’en avait pas; séparer d’un mal intérieur qui, lorsqu’il coule au-dehors, mène toujours à un accroissement d’être. Cet ouvrage complexe, à l’amplitude remarquable, d’un genre d’écriture bien particulier, fait aussi le périple de la psychanalyse, partout où elle se heurte à sa propre folie, et à ce qui en fait un chemin et instrument de passage.

 

Big Mother (psychopathologie de la vie politique)
Michel Schneider, Odile Jacob, 335 p., 2002, 24,50€
La nature du politique a changé. Exercé par des hommes et des femmes, le pouvoir est devenu maternel. “Big Mother, la mère État, s’élargit jusqu’à effacer le père, et seule fait face à une société d’enfants”, constate Michel Schneider. Dirigeants n’osant plus diriger, citoyens infantilisés attendant tout de l’État : la France est malade de sa politique comme certains enfants le sont de leur mère. Car Big Mother est non seulement un État maternel mais aussi un pouvoir maternant. Carence réelle des pères par rapport à la norme sociale; carence psychologique dans la constitution du sujet; carence dans les institutions qui symbolisent celle-ci : les trois mouvements se renforçant l’un l’autre. Où sont les pères ? Est-ce la fin de la référence paternelle et de l’ordre symbolique ? La montée du comportement antisocial peut- elle se généraliser ? Faut-il changer l’État et notre rapport à lui ? Comment donner du sens au vivre ensemble ? Autant de questions auxquelles l’auteur tente de répondre.

 

Le jour où Lacan m’a adopté
Gérard Haddad, Grasset, 375 p., 2002, 20€
Ce livre est le récit d’une expérience qui a transformé radicalement la vie de son auteur. C’est aussi un hommage rendu au psychanalyste que fut Jacques Lacan. En 1969, alors qu’il est ingénieur agronome, marxiste-léniniste, Gérard Haddad rencontre le brillant analyste et commence avec lui une psychanalyse. Cette aventure va durer onze années au cours desquelles s’opère une métamorphose. «Il était minuit passé. J’entendis alors au bout du fil la voix de Lacan, rageuse : “Haddad, pourquoi n’êtes-vous pas venu aujourd’hui ? “Parce que vous ne me laissez pas parler”. “Je fais cela précisément pour que plus tard, vous ayez la parole.” Cette phrase étrange m’ébranla. “Venez demain, je vous expliquerai tout cela.», rapporte Gérard Haddad. On trouvera dans cet ouvrage le témoignage d’un psychanalyste sur sa propre analyse, où l’esprit sagace pourra deviner, derrière le romanesque du texte, l’intervention théorique de l’auteur et en tout cas un hommage à une discipline passionnément aimée.

 

Stupeur dans la civilisation
Jean-Pierre Winter, Valérie Marin La Meslée, Pauvert, 320 p., 2002, 20€
Après le choc du 11 septembre s’est ouvert un dialogue, pendant trois mois, entre une journaliste et un psychanalyste devant l’état de stupeur provoqué par les événements. Dans le présent ouvrage, elle, Valérie Marin La Meslée, nous livre une parole subjective, à l’écoute d’elle-même et des autres, tenue sous forme de chronique, du 11 septembre au 12 décembre 2001. Lui, Jean-Pierre Winter, s’interroge, dans une optique freudienne, partant de sa pratique, sur le lien entre l’individuel et le collectif, la souffrance particulière et le drame social. “Des événements comme celui-là viennent cristalliser quelque chose qui est latent chez chacun, et qui trouvera-là l’occasion de se dire, sous des modes fort différents, mais pour rendre compte d’une sourde préoccupation commune”, explique -t-il. Face à la sidération devant le passage à l’acte, ce livre ouvre des perspectives latérales et nous propose d’emprunter des chemins de traverse pour parcourir, sous l’éclairage de la théorie analytique, ce qui a bouleversé l’imaginaire collectif.

 

Le sexe et le signifiant
Alain Abelhauser, Seuil, “Coll. du Champ freudien”, 2002, 355p., 24€
Le sexe et le signifiant ne constituent peut-être pas un couple radicalement antagoniste. Car si le monde de l’homme est bien un monde de signifiants, alors c’est le sexe qui en fait le mieux état mais aussi, et tout à la fois, qui en marque le mieux la limite. Leur dialogue est inépuisable. Comment en rendre compte alors ? De trois façons répond l’auteur. Montrer que ce n’est qu’en en passant par le signifiant que le sexe fait du désir humain ce qu’il est. S’inscrire dans la lignée de la découverte freudienne de l’inconscient en la remettant un peu en jeu, à l’épreuve de notre actualité. Mettre, enfin, la théorie à l’épreuve de la clinique et, partant d’un détail, montrer combien ce détail peut faire sens. Une variété de cas cliniques ainsi que des exemples de la vie quotidienne, la littérature, le cinéma, les mythes ou la science démontrent le déterminisme qu’exercent sexe et signifiant sur l’individu.

 

Par-delà le masculin et le féminin
Claude Lévêque, Aubier, “Coll. La Psychanalyse prise au mot”, 2002, 317 p., 19,50€
“La pensée de la différence sexuelle reste soumise encore aujourd’hui, à une idéologie elle-même subordonnée à la logique oppositionnelle qui régit tout le domaine de la connaissance”, indique l’auteur. Depuis Platon, en effet, la philosophie trace une ligne de démarcation très nette entre le masculin et le féminin, entre l’activité et la passivité, comme si la différence sexuelle s’offrait d’emblée à la perception, au simple constat. Des philosophes, dont Nietzche, Bataille, Blanchot, Derrida, auxquels donne voix cet ouvrage, n’ont pas hésité à ébranler, à désarticuler une certaine conception de la pensée dualiste véhiculée par la tradition. On verra, dans le chapitre II de ce livre, que Nietzche examine la question de la femme sous l’angle de la question du style, et inversement, la question du style et de l’écriture en général, sous l’angle de la métaphore de la femme. Mais n’est-ce pas du côté du Réel hors langage, et non du côté de la réalité immédiate que se loge, pour Freud comme pour Lacan, le secret à jamais secret du sexe ?

 

Marché au sexe
Gayle S. Rubin et Judith Butler, traduit de l’américain par Éliane Sokol et Flora Bolter, Epel, 175 p., 2002, 23€
Les trois textes publiés dans cet ouvragesont des classiques dans le monde anglo-saxon, étudiés couramment dans les grandes universités américaines. Ils font partie des études gay et lesbiennes et s’inscrivent dans une filiation politique (le féminisme, la nouvelle gauche, les luttes antiracistes, les luttes pour les droits civiques) et théorique (les sexologues, Freud, Lacan, Marx , Foucault, Derrida). Gayle Rubin est anthropologue, militante et écrivain féministe depuis 1960, Judith Butler, professeur en Sciences humaines, est aussi connue comme philosophe, critique et théoricienne. Dans la première partie du livre, Gayle Rubin détaille de façon vivante, très documentée, son parcours politico-théorique, qui va de son premier essai remarqué, “Marché aux femmes”, à “Penser le sexe”, où elle défend l’idée que le genre et le sexe ne sont pas à relier automatiquement dans une même théorie, que le féminisme, théorie de l’oppression des genres, ne peut traiter de tout. D’où sa défense du pluralisme et d’une théorie autonome de la sexualité.

 

Les fous voyageurs
Ian Hacking, traduit de l’anglais par Françoise Bouillot, Les Empêcheurs de penser en rond, 2002, 395 p., 19,90€
Des voyages sans buts, obsessionnels, incontrôlables, pathologiques, vers la fin du XIXe siècle, font l’objet de ce livre. À travers le cas emblématique d’Albert, employé à Bordeaux, qui parcourra la France, l’Autriche, la Belgique, la Russie et la Turquie, l’auteur pose la question du diagnostic de folie avec fugue. Il s’agit d’une des premières “maladies mentales transitoires”, c’est-à-dire qui apparaît à un endroit et à une époque donnée avant de disparaître peu à peu, différente de celles que nous connaissons aujourd’hui. Une foule d’anecdotes historiques et de détails curieux, dans la relation patient-médecin, amène le lecteur dans les ruelles sombres d’une ville qui suffoque de son provincialisme, ou dans le vaste cloître de l’hôpital.

 

Le crime était presque sexuel (et autres essais de casuistique juridique)
Marcela Iacub, Epel, 2002, 272 p., 28€
Cet ouvrage a été écrit entre 1997 et 2001, dans une période considérée comme marquée par un individualisme et un libéralisme extrêmes en matière de vie privée (revendication de droits civils par le “mouvement gay et lesbien tels que le mariage, la filiation, etc…). En réaction à ce mouvement s’est élaborée une doctrine caractérisée par le fait d’attribuer au droit une fonction de structuration psychique des individus. L’auteur, juriste, chercheur au CNRS, rattachée au Laboratoire de démographie historique de l’École des hautes études en sciences sociales, pose la question de la fonction même du droit, qui serait de permettre aux individus de construire et de conserver un équilibre mental, cette finalité pouvant être la norme suprême qui permet de définir le contenu et les limites de la production des normes juridiques particulières. Chacun des essais traite de figures insolites ou de cas limites tels que la procréation médicalement assistée, le mariage des homosexuels, le viol, le droit de ne pas naître (à propos de l’arrêt Perruche), la responsabilité médicale etc…Discipline aux charmes méconnus, le droit s’avère ici un exercice extravagant et quasi fantastique, mais aussi une pratique de vérité et de critique politique.

 

L’envers d’une illusion (Freud et la religion revisités)
Daniel Roquefort, Érès, «Coll. Point hors Ligne», 2002, 210 p., 23€
L’enjeu de ce livre n’est autre que l’opposition du refoulé au démenti portant sur le meurtre du père. Il se trouve au cœur de notre époque, marquée par le recul du religieux, la déliquescence de la fonction paternelle. Allons-nous pour autant nous engager dans un dialogue entre la théologie et la psychanalyse ? “Il existe un point à partir duquel les routes ne peuvent plus ni se recouvrir ni se mélanger”, explique l’auteur. “Le chrétien ne refuse-t-il pas les choses d’en bas, alors que le psychanalyste en fait son miel ?” En trois études articulées les unes aux autres, Daniel Roquefort montre comment la question pulsionnelle de l’apôtre Paul : “je ne comprends rien à ce que je fais : ce que je veux, je ne le fais pas, mais ce que je hais je le fais.” traverse le dernier ouvrage de Freud : L’homme Moïse et la religion monothéiste, comment elle décida de la rupture entre Freud et Young, comment enfin elle opposa quinze siècles plus tôt saint Augustin à Pélage sur le dogme du péché originel.

 

Naissance du psychanalyste
Léon Chertok, Raymond de Saussure, Synthélabo Groupe, 2002, 318 p., 9, 15€
L’objet de cette réédition, claire et concise, est de retracer la genèse des premières découvertes essentielles de Freud, tout en les situant dans l’histoire de la psychothérapie à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle. Cet ouvrage ne concerne donc que la période qui a vu le passage décisif d’une ère pré-scientifique à une ère scientifique, et avant laquelle la psychothérapie expérimentale n’existait pas. Paradoxal itinéraire que celui de Freud : neurologue, il cache sa préférence pour la philosophie; passionné d’hypnose, et réticent à son égard; séduit par l’hystérie, il redoute pourtant l’aura érotique des crises dont résonne la Salpêtrière. Ce travail pourra apporter des éléments d’information utiles aux psychologues, psychiatres, psychanalystes, historiens de la psychothérapie, ainsi qu’à tous ceux qui s’intéressent à l’évolution des idées dans les sciences humaines.

 

Qui sont vos psychanalystes ?
Jacques-Alain Miller et 84 amis, Éditions du Seuil, «Coll. du Champ freudien, dirigée par Jacques-Alain et Judith Miller», 2002, 590 p., 30€
Qui sont au juste vos psychanalystes ? D’où viennent-ils ? Car maintenant, ils sont partout. Qui les forme ? Qu’est-ce qui les autorise à se dire psychanalytes ? Comment avez-vous connu votre psychanalyste ? Pourquoi l’université ne forme-t-elle pas des psychanalystes comme elle forme des physiciens, des philosophes, des psychiatres ? “Il est temps, en effet, que l’on prenne à partie les psychanalystes, qu’on les secoue, qu’on les somme de s’expliquer, de se montrer, de se battre un peu pour leur pain alors qu’ils sont tous à vivre d’une rente de situation. Que leur vaut de se recommander d’un Freud ou d’un Lacan” s’exclame Jacques-Alain Miller avec tous les auteurs de cet ouvrage, membres de l’École de la Cause freudienne.

 

Lettres à l’opinion éclairée
Jacques-Alain Miller, Éditions du Seuil, 2002, 230 p., 15€
Jacques-Alain Miller adresse ce recueil de six lettres, disséminées à l’origine à travers la France par un réseau d’amis et de libraires, à l’Opinion. Une campagne d’opinion, donc, au XXIe siècle, mais avec les moyens du XVIIe siècle. De quoi s’agit-il ? Tout d’abord de Lacan et de son actualité inexorable. Mais également des guerres civiles dans la psychanalyse. De la fin des orthodoxies qui les ont nourries depuis un demi-siècle. Et de la réunification du mouvement psychanalytique. On trouvera aussi dans ces pages quelques réflexions inspirées par la surprise terroriste du 11 septembre. .

 

L’écritoire de Lacan
Jorge Banos Orellana, Epel, 2002, 280 p., 24€
Psychanalyte argentin, Jorge Banos s’intéresse depuis longtemps aux différents aspects de l’écriture de Lacan. Avec L’écritoire de Lacan, c’est désormais à la réécriture qu’il consacre ses recherches. Où et quand écrivait Lacan ? Pourquoi et pour qui s’est-il enfermé dans son écritoire, de mars à octobre 1966, introduisant des milliers de corrections à plus de cinq cents paragraphes de ses écrits ? Quelles sont les preuves que le Joyce dont parle Lacan dans son séminaire Le sinthome n’est pas l’écrivain irlandais James Joyce, et quelle est la raison de cette fiction lacanienne ? Devant qui donc mangeait l’ogre Lacan (puisque c’est ainsi qu’il situait l’acting out) ? Voilà quelques-unes des énigmes que déplie et discute l’auteur.

 

Les psychoses de l’adulte
Jean-Louis pedinielli et Guy Gimenez, Nathan Université, 2002, 128 p., 7,93
L’approche psychopathologique proposée par les auteurs de ce livre se fonde sur des situations concrètes d’interaction avec les patients psychotiques et produit une interprétation psychologique des psychoses. Elle comporte donc deux niveaux complémentaires : la description des maladies et de leurs aspects psychologiques, la formulation des théories explicatives psychologiques des troubles.

 

Mères-filles, une relation à trois
Caroline Eliacheff et Nathalie Heinich, Albin Michel, 2002, 420 p., 21, 90€
Il existe bien une spécificité des rapports mère-fille, qui ne sont pas réductibles aux rapports mère-enfants en général. Telle est l’hypothèse soutenue par cet ouvrage. En effet, les femmes ne deviennent pas toutes mères, et les mères n’ont pas toutes des filles; mais toutes les femmes ont une mère. S’interroger sur la relation mère-fille est donc le lot de toutes les femmes à un moment ou l’autre de leur vie. C’est aussi celui des hommes, observateurs ou impliqués dans cette relation. A partir de personnages empruntés à la fiction (contes, romans, mythes et films), Caroline Éliacheff et Nathalie Heinich ont réalisé un travail d’investigation pour reconstituer la pluralité de toutes les relations possibles, montrant comment s’opère la transmission des rôles et la construction des identités, de génération en génération.

 

Introduction à l’écoute (Qu’est-ce que la clinique ?)
Jean-Richard Freymann, Érès, 2002, 190 p., 21€
Ce livre s’adresse aux professionnels de la “psy” qui sont confrontés à une pratique,  et aux étudiants , mais aussi à tous ceux qui tentent d’oublier leur ego pour approfondir l’art d’écouter l’autre. En retraçant le parcours de l’évolution de la clinique vers une écoute du discours, l’auteur définit la part qui revient au regard, à la voix, au verbe, à l’entendement dans l’écoute clinique. Il explique également qu’un écart sépare “écouter” “d’entendre”, écart bien connu de Lacan : «Qu’on dise reste oubli derrière ce qui se dit par ce qui s’entend.» Chaque chapitre saura donner au praticien des outils fondamentaux pour son art : humour et rire.

 

Maria Torok Une vie avec la psychanalyse
Inédits et introuvables présentés par Nicholas Rand, Aubier Psychanalyse, 2002, 270 p., 18, 50€
Maria Torok, disparue en 1998, est une des premières à avoir pratiqué des psychothérapies individuelles ou de groupe avec des enfants. Elle a également inauguré une nouvelle forme d’écoute en psychanalyse, grâce notamment aux concepts de maladie, de deuil, de fantôme et de secret de famille. Cet ouvrage regoupedes textes de Maria Torok, ses notes rédigées à deux avec Nicolas Abraham, deux essais écrits en collaboration avec Nicholas Rand, ainsi que quelques textes introuvables aujourd’hui. Cet ensemble est complété par une interview de Maria Torok et de Nicolas Rand, donnée au Journal des Psychologues en 1990, une biographie de Maria Torok et une notice sur son œuvre picturale.

 

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