Passeur de livre

Sous la direction de Houchang Guilyardi
Corps en discordance, somatoses et psychoses
APM Editions, collection EDP Sciences, 2017

Madeleine Gueydan

Travaille en cabinet libéral comme psychanalyste, comme superviseur à la maison des Adolescents de Nîmes et au Conseil départemental du Vaucluse pour les psychologues.

Elle est retraitée de l’Université de Montpellier et de Nîmes comme maître de conférences et directrice du département de psychologie à Nîmes.

Aperçu d’une clinique des plus énigmatiques où le réel produit par le forclusif envahit le sujet et brouille le tissu vivant du parlêtre. Clinique où les frontières entre les structures classiques deviennent glissantes et où les jouissances s’emballent. Les auteurs reveniennent aux termes de verwerfung chez Freud, de forclusion chez Lacan, de clivage chez Ferenczi, de césure chez Bion, pour distinguer le forclusif majeur de la forclusion secondaire.
G.Vialet-Bine, J.C.Maleval revisitent des cas célèbres. Le crime des sœurs Papin où la passion narcissique sera la matrice de l’acte meurtrier et l’origine de la recherche de Lacan jusqu’à  la conception de Réel, Symbolique, Imaginaire. Le cas de Zorn ou l’intérêt d’une maladie physique non pour guérir de la névrose, mais pour « aller mieux ».
S.Rabinovitch présente les effets du trauma dans le réel du corps qui suggèrent ceux produits par la forclusion. Une pensée surgit alors « du corps lui-même comme des larmes» Cette conception rejoint celle de F.Bessis « la somatisation participe d’une tentative de symbolisation et de restauration du lien psyché-soma»
P.L.Assoun avec « la Terreur» parle de l’embrasement maniaque des foules issu de l’effet forclusif et de comment « tuer le mort » donne l’illusion de triompher de la castration dans une déliaison jubilante.
Pour G.Pommier quand le fantasme parricide est forclos la structure de la phrase s’évanouit, c’est alors le langage d’organe qui prend le relais, cela peut aller j’au délire, au passage à l’acte.
H.Guilyardi fait état de la variabilité et de la mobilité de l’organisation structurelle. Chaque fracture peut amener trauma, décompensation. Retrouver une jouissance est nécessaire « par un forage de la matière du corps ».
D.Epstein s’intéresse au Sujet fragmenté plus qu’à la structure et  nous amène au retour de la psyché vers la jouissance primitive. Le refoulement primaire a bien lieu, mais un saut abrupt dans le soma court-circuite le refoulement. Le Sujet ne peut faire face psychiquement à l’événement, c’est le corps qui est saisi, d’où le passage à l’acte violent.
F.Davoine aborde la délicate question du « sans transfert apparent » qui décourage les psychanalystes. Le retranchement de certains délirants n’est qu’une quête d’altérité dans le transfert. A travers le délire se montre à un autre ce qui ne peut se dire. L’analyste pour le patient « constitue la cible de l’effacement nécessaire au moment de la survie » il doit refuser de se laisser supprimer, tout en étant témoin de la violence. Tout analyste ne peut supporter d’être ce témoin-là, car la forclusion du savoir existe aussi chez le psychanalyste.
Pour A.Pellé une question commune entre la psychanalyse et les neurosciences voit le jour « en quoi la trace d’une expérience détermine-t-elle le devenir du sujet ? » la plasticité du cerveau permet un remaniement des réseaux neuronaux en fonction du système langagier. Le signifiant produit des effets sur le corps biologique, d’où l’importance de l’interprétation psychanalytique.
« Sur les bords du réel» de N.Alva ez, M.Dombrosky, A.Duthoit, C.Jodeau, M.Ney, ces textes vont nous relater ce qui se passe au plus près du corps dans un service de chirurgie et du rapport qu’il y a avec l’inconscient.
Madeleine Gueydan

 

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